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Calcul de la prestation compensatoire : simulateur et règles 2026

Estimez un ordre de grandeur avec les trois méthodes que les praticiens utilisent, puis comprenez comment le juge fixe vraiment le montant, comment elle est versée et ce qu'elle change aux impôts.

  • 3 méthodes comparées côte à côte
  • Règles 2026 vérifiées sur Service Public et impots.gouv.fr
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Simulateur de prestation compensatoire

3 méthodes utilisées en pratique · rien n'est enregistré

3 méthodes
Méthode du tiers-
Méthode des points-
Méthode des 20 %-

Ordres de grandeur issus de méthodes de praticiens, sans valeur légale. Le montant est fixé par le juge ou par la convention de divorce, selon l'ensemble de la situation (patrimoine, santé, retraite, choix de carrière).

8 ans
maximum pour un capital échelonné
25 %
de réduction d'impôt (capital versé sous 12 mois)
7 625 €
de réduction d'impôt au maximum
10 ans
pour réclamer un capital impayé
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L'outil de calcul ci-dessus donne trois estimations à partir de vos revenus et de la durée du mariage : ce sont des ordres de grandeur, jamais le montant qu'un juge aux affaires familiales fixera dans votre dossier. Ce guide explique ce que mesurent les trois méthodes, comment lire leurs résultats et quelles règles s'appliquent réellement au calcul d'une prestation compensatoire.

Comment lire le résultat du simulateur

Le simulateur de prestation compensatoire affiche trois chiffres, un par méthode : la méthode du tiers, la méthode des points et la méthode des 20 %. Ces trois calculs partent des mêmes informations (revenus des deux époux, durée du mariage, parfois l'âge du créancier) mais appliquent des formules différentes, mises au point par des praticiens du divorce (magistrats, notaires, avocats) pour donner un point de départ à la négociation. Aucune n'est un barème officiel : le Code civil ne prévoit aucune formule de calcul de la prestation compensatoire.

Elles divergent parce qu'elles ne pondèrent pas les mêmes éléments de la même façon. La méthode du tiers rapporte l'écart de revenus annuels à la moitié de la durée du mariage. La méthode des points ajoute l'âge du créancier à la durée du mariage sous forme de points, puis multiplie par une valeur de point. La méthode des 20 % applique un pourcentage fixe de l'écart de revenus sur une durée forfaitaire de 8 ans. Avec des données identiques, ces trois logiques produisent des montants sensiblement différents, parfois du simple au double.

Le juge aux affaires familiales n'est tenu par aucune de ces méthodes. Il apprécie librement, au regard des critères de l'article 271 du Code civil, la disparité créée par la rupture du mariage dans les conditions de vie respectives des deux époux. Un avocat peut s'appuyer sur ces méthodes pour argumenter une fourchette devant le juge ou pour préparer une négociation en divorce amiable, mais elles ne remplacent ni une évaluation patrimoniale complète, ni la libre appréciation du magistrat. Utilisez le résultat du simulateur comme une base de discussion, pas comme un chiffre à annoncer tel quel dans une procédure.

Les 3 méthodes de calcul pas à pas, avec le même exemple

Pour comparer les trois méthodes sur une base commune, reprenons l'exemple utilisé par la doctrine : une créancière de 32 ans qui gagne 1 300 € par mois, un débiteur qui gagne 2 500 € par mois, après 8 ans de mariage.

1. La méthode du tiers

Elle consiste à calculer un tiers de la différence des revenus annuels des deux époux, puis à multiplier ce résultat par la moitié du nombre d'années de mariage. Avec des revenus annuels de 30 000 € et 15 000 €, sur 24 ans de mariage, l'exemple de référence donne : (15 000 / 3) × 12 = 60 000 €. Sur notre exemple à 8 ans de mariage et un écart mensuel de 1 200 € (soit 14 400 € par an), le même raisonnement donne (14 400 / 3) × 4 = 19 200 €.

2. La méthode des points

Elle a été proposée par un magistrat, Dominique Martin Saint-Léon, et un notaire, Axel Depondt. L'unité de base est la moitié de la différence de revenus mensuels des époux, soit 600 € dans notre exemple. On ajoute ensuite des points selon l'âge du créancier au moment du divorce (1 point de 16 à 30 ans, 2 points de 31 à 35 ans, 3 points de 36 à 40 ans, et ainsi de suite jusqu'à 8 points de 61 à 65 ans) et des points selon la durée du mariage (3 points de 0 à 4 ans, 6 points de 5 à 9 ans, 9 points de 10 à 14 ans, 12 points de 15 à 19 ans, puis 3 points supplémentaires par tranche de 5 ans). Pour une créancière de 32 ans (2 points) et 8 ans de mariage (6 points), le total est de 8 points. Le montant obtenu est : 600 × 8 × 3 = 14 400 €, le facteur 3 correspondant à l'idée qu'un point équivaut à 3 mois de compensation.

3. La méthode des 20 %

Plus simple, elle applique 20 % de la différence de revenus annuels, multipliée par 8 (une durée de référence indépendante du mariage réel). Sur notre exemple, la différence annuelle est de 14 400 €, ce qui donne : 14 400 × 20 % × 8 = 23 040 €.

Ces trois calculs, appliqués aux mêmes chiffres, donnent des résultats allant de 14 400 € à 23 040 €, un écart de 60 % entre le plus bas et le plus haut. C'est précisément ce que montre l'outil de calcul ci-dessus : trois repères, pas une réponse unique.

MéthodeFormuleRésultat sur l'exemple
Méthode du tiers1/3 de l'écart de revenus annuels × 1/2 de la durée du mariage (en années)19 200 €
Méthode des points(moitié de l'écart de revenus mensuels) × (points âge + points durée) × 314 400 €
Méthode des 20 %20 % de l'écart de revenus annuels × 823 040 €
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L'erreur qui coûte cher

Présenter le résultat d'une seule méthode comme « le montant légal » devant le juge ou dans une négociation amiable. Ces formules ignorent le patrimoine, les choix de carrière, l'état de santé ou les droits à la retraite, des critères que le juge examine et qu'aucune méthode chiffrée ne capture. Utilisez les trois résultats comme une fourchette de discussion, jamais comme une certitude.

Les critères que le juge regarde vraiment

Le Code civil, aux articles 270 à 281, encadre la prestation compensatoire. Selon la fiche officielle de Service Public, elle est fixée « selon les besoins de l'époux à qui elle est versée et les ressources de l'autre », en tenant compte de la situation au moment du divorce et de son évolution prévisible. L'article 271 dresse une liste de critères que le juge doit prendre en compte, une liste présentée comme « notamment », donc non limitative :

  • la durée du mariage ;
  • l'âge et l'état de santé des époux ;
  • leur qualification et leur situation professionnelles ;
  • les conséquences des choix professionnels faits par l'un des époux pendant la vie commune, pour l'éducation des enfants ou pour favoriser la carrière de l'autre, au détriment de la sienne propre (temps partiel, arrêt d'activité) ;
  • le patrimoine estimé ou prévisible des époux, après la liquidation du régime matrimonial ;
  • leurs droits existants et prévisibles ;
  • leur situation respective en matière de pension de retraite.

Cette liste explique pourquoi deux couples avec les mêmes revenus peuvent obtenir des montants de prestation compensatoire très différents : l'un a vu l'un des époux interrompre sa carrière pour élever les enfants, l'autre non ; l'un a un patrimoine immobilier conséquent après la liquidation du régime matrimonial, l'autre est locataire. Le juge évalue la disparité créée par la rupture, pas seulement l'écart de salaires du jour du divorce.

Chaque époux doit produire une déclaration sur l'honneur certifiant l'exactitude de ses ressources, revenus, patrimoine et conditions de vie. Le juge peut recourir à un professionnel qualifié, notaire ou expert judiciaire, pour évaluer le patrimoine ou les droits en jeu quand la situation est complexe, par exemple en présence d'un bien professionnel ou d'une entreprise.

Qui peut demander une prestation compensatoire, et à quel moment

La prestation compensatoire n'existe que dans le cadre d'un divorce : les concubins et les partenaires de Pacs ne peuvent pas la demander, tout au plus des dommages et intérêts en cas de rupture jugée abusive. Elle est possible dans toutes les formes de divorce, y compris le divorce par consentement mutuel, mais le juge peut la refuser lorsque le divorce est prononcé aux torts exclusifs de l'époux qui la réclame, en considération des circonstances particulières de la rupture.

La demande doit intervenir pendant la procédure de divorce, parfois pour la première fois en appel. Une fois le divorce définitif, il n'est plus possible de demander une prestation compensatoire qui n'aurait pas été sollicitée à temps. Dans un divorce par consentement mutuel, le montant et les modalités sont fixés directement dans la convention signée par les deux époux, assistés chacun de leur avocat ; la convention peut prévoir une clause de révision, de suppression, ou une fin liée à un événement comme un remariage.

En pratique, c'est le plus souvent l'époux dont le niveau de vie baisse le plus après la rupture qui verse la demande, généralement celui qui a les revenus ou le patrimoine les plus élevés au moment du divorce. Rien n'impose que ce soit l'homme ou la femme : la loi ne fait aucune distinction de sexe, seule compte la disparité constatée entre les situations des deux époux.

Capital, versements sur 8 ans ou rente

La loi privilégie le versement en capital. Il peut être payé en une seule fois, ou échelonné selon une périodicité mensuelle, trimestrielle, semestrielle ou annuelle, revalorisé chaque année et indexé comme une pension alimentaire, dans la limite maximum de 8 ans. Le débiteur garde la possibilité de solder à tout moment le capital restant dû, même si l'échéancier prévu n'est pas arrivé à son terme. Un versement mixte, associant un capital immédiat et un solde échelonné sur 8 ans au plus, est également possible.

L'attribution d'un bien en pleine propriété, en usufruit, ou sous forme de droit d'usage et d'habitation, reste une solution exceptionnelle, réservée aux cas où le capital ne peut pas être versé autrement. L'accord du débiteur est nécessaire lorsque le bien envisagé provient d'une succession ou d'une donation, et sa valeur doit être fixée par un professionnel qualifié.

La rente viagère demeure exceptionnelle : le juge ne l'accorde, en la motivant spécialement, que lorsque l'âge ou l'état de santé du créancier ne lui permet pas de subvenir à ses besoins. Elle est revalorisée chaque année et n'est, par principe, pas limitée dans le temps, sauf dans le cadre d'un divorce par consentement mutuel où une rente à durée déterminée (par exemple 10 ans) peut être prévue par la convention. Le paiement de la prestation compensatoire, quelle que soit sa forme, n'est pas subordonné à la liquidation du régime matrimonial : les deux opérations suivent des calendriers distincts.

Forme de versementPrincipeDurée
Capital en une foisSolution la plus fréquenteVersement immédiat
Capital échelonnéVersements périodiques, revalorisés, indexés8 ans maximum
Attribution d'un bienExceptionnelle, valeur fixée par un professionnel qualifiéSelon l'acte
Rente viagèreExceptionnelle, motivée par le juge (âge, état de santé)Non limitée (durée déterminée possible en consentement mutuel)

Ce que ça change aux impôts, pour le payeur et pour le bénéficiaire

La fiscalité de la prestation compensatoire dépend entièrement de sa forme et de son délai de versement, avec un principe simple à retenir : plus le versement est rapide, plus il est fiscalement avantageux pour celui qui paie, mais non imposable pour celui qui reçoit ; plus il est étalé, plus il ressemble fiscalement à une pension alimentaire.

Un capital versé en une seule fois, ou étalé sur 12 mois au maximum à compter du jugement de divorce définitif, ouvre droit à une réduction d'impôt de 25 %, calculée sur le montant versé retenu dans la limite de 30 500 €, soit 7 625 € de réduction maximum. Ce capital n'est pas imposable pour la personne qui le reçoit. Si le paiement est réparti sur deux années civiles, la réduction d'impôt est répartie au prorata des versements effectués chaque année.

À l'inverse, une rente, ou un capital étalé sur plus de 12 mois selon un délai fixé par le jugement, est traité comme une pension alimentaire : il est déductible des revenus du payeur et imposable pour le bénéficiaire, qui doit le déclarer dans ses revenus. Un capital étalé sur plus de 12 mois en dehors de ce cadre fixé par le jugement ne donne droit ni à réduction, ni à déduction, et reste non imposable pour le bénéficiaire.

SituationPour le payeurPour le bénéficiaire
Capital versé en 1 fois, ou étalé sur 12 mois maximumRéduction d'impôt de 25 %, dans la limite de 30 500 € (7 625 € max)Non imposable
Rente, ou capital étalé sur plus de 12 mois (délai fixé par le jugement)Déductible des revenus (régime des pensions alimentaires)Imposable
Capital étalé sur plus de 12 mois, hors délai fixé par le jugementNi réduction, ni déductionNon imposable

Quand le capital est complété par une rente, les deux régimes fiscaux se cumulent : réduction d'impôt sur la part en capital, déduction sur la part en rente, et le bénéficiaire doit déclarer le montant des rentes perçues.

Après le divorce : révision, décès, impayés

Un capital versé en une seule fois ne peut jamais être révisé, quelle que soit l'évolution ultérieure de la situation des ex-époux. Pour un capital échelonné, le débiteur peut demander une révision des modalités de paiement, montant des versements ou échelonnement, en cas de changement important dans sa situation (licenciement, mise à la retraite), mais jamais une révision du montant total du capital. Le créancier, de son côté, ne peut pas demander de révision : il peut seulement réclamer le paiement du solde après la liquidation du régime matrimonial.

La rente peut être révisée, suspendue si elle est à durée déterminée, ou supprimée en cas de changement important dans les ressources ou les besoins de l'une ou l'autre partie : invalidité, concubinage notoire, chômage, conclusion d'un Pacs. Cette révision ne peut jamais porter la rente au-dessus de son montant initial. À tout moment, l'un ou l'autre ex-époux peut demander la substitution d'un capital à la rente ; à titre d'exemple officiel, une rente de 500 € par mois (6 000 € par an) versée à une femme de 60 ans, avec un coefficient de 15,478, se convertit en un capital de 92 868 €.

Au décès du débiteur, la prestation compensatoire se transmet à ses héritiers, sauf renonciation à la succession, et le solde restant dû devient immédiatement exigible, prélevé sur l'actif de la succession, jamais sur les fonds personnels des héritiers, sauf si un acte notarié prévoit le maintien des modalités initiales. Une pension de réversion perçue par le créancier peut être déduite de la prestation compensatoire versée sous forme de rente.

En cas d'impayé, un commissaire de justice (l'ancien huissier de justice) peut procéder à une saisie sur compte bancaire, une saisie des rémunérations, ou une saisie-vente ; la procédure de paiement direct existe pour un capital échelonné ou une rente, mais pas pour un capital versé en une seule fois. Le créancier dispose de 10 ans à compter du divorce définitif pour agir en recouvrement d'un capital versé en une fois ; pour un capital échelonné ou une rente, seuls les arriérés des 5 dernières années peuvent être réclamés. Le non-paiement volontaire et prolongé peut constituer un abandon de famille, puni de 2 ans d'emprisonnement et de 15 000 € d'amende.

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Check-list avant de signer une convention de divorce amiable

Vérifier que le montant, la forme (capital, capital échelonné, rente) et la durée sont écrits noir sur blanc ; demander si une clause de révision ou de fin (remariage, concubinage) est prévue ; comprendre le régime fiscal applicable à la forme choisie ; et, en cas de doute sur un patrimoine complexe (entreprise, biens professionnels), demander l'avis d'un avocat ou d'un notaire avant de signer.

Questions fréquentes

Le simulateur donne-t-il le montant que je vais réellement obtenir ?

Non. L'outil de calcul ci-dessus applique trois méthodes de praticiens à titre indicatif. Le montant réel est fixé par le juge aux affaires familiales, ou négocié dans une convention de divorce amiable, en tenant compte de critères (patrimoine, retraite, choix de carrière) que ces formules ne mesurent pas.

Peut-on demander une prestation compensatoire après le divorce ?

Non, sauf exception rare en appel. La demande doit être formulée pendant la procédure de divorce ; une fois le divorce définitif, il n'est plus possible de la réclamer si elle n'a pas été demandée à temps.

Un concubin ou un partenaire de Pacs peut-il obtenir une prestation compensatoire ?

Non. La prestation compensatoire n'existe que dans le cadre d'un divorce. En dehors du mariage, seule une action en dommages et intérêts pour rupture abusive peut, dans certains cas, être envisagée.

Quelle est la différence entre capital échelonné et rente pour les impôts ?

Un capital versé en une fois ou étalé sur 12 mois maximum donne droit à une réduction d'impôt de 25 % (7 625 € maximum) et n'est pas imposable pour le bénéficiaire. Une rente, ou un capital étalé sur plus de 12 mois, est déductible pour le payeur et imposable pour le bénéficiaire, comme une pension alimentaire.

Que devient la prestation compensatoire si le débiteur décède ?

Elle passe à ses héritiers, sauf renonciation à la succession, et le solde restant devient immédiatement exigible sur l'actif successoral, sauf maintien des modalités initiales prévu par un acte notarié.

Peut-on faire réviser une prestation compensatoire versée en une seule fois ?

Non, un capital versé en une seule fois n'est jamais révisable. Seul un capital échelonné (modalités de versement) ou une rente (montant, suspension, suppression) peut faire l'objet d'une révision en cas de changement important de situation.

Qui peut être condamné à verser une prestation compensatoire ?

L'époux dont la situation, au regard des critères de l'article 271 du Code civil (revenus, patrimoine, retraite, choix de carrière), est la plus favorable au moment du divorce, quel que soit son sexe. Le juge peut la refuser si le divorce est prononcé à ses torts exclusifs.